mercredi 23 mai 2007

Les amis d'Émile (120)

23/05/2007 Le miracle s'est, encore une fois, produit!!!! Émile a rebondi cet après-midi après avoir passé un début de journée so-so. Il ne voulait pas que j'aille travailler et pleurait à mon départ pour Normandin où je devais me rendre chez une cliente. Je ne suis donc pas partie le coeur léger même si j'espérais fortement qu'aujourd'hui soit la journée de son rebondissement. Comment lui faire comprendre que maman doit travailler pour payer ses factures et, également, me sortir quelques temps de cette psychose de la maladie, cette période schizophrénique. Comment lui dire que j'en ai marre de le voir souffrir et que j'ai peur pour lui à m'en arracher les tripes. Parce que lui, il ne s'en sort jamais. Il est à chaque jour, chaque minute de sa vie, depuis ce fameux 22 décembre, demeuré dans cette folie. J'essaie de me rassurer en me disant qu'il accepte que ce soit ça sa vie maintenant et qu'il n'a aucun regret. Mais est-ce réellement la vérité ou seulement un moyen de me protéger? Lorsque je le regarde rebondir, je le vois reprendre goût à la vie mais dans les périodes de souffrances, je sens qu'il est écoeuré de subir et de souffrir. Alors, forcément, il a des regrets et pour un petit homme de son âge, il ne devrait pas y en avoir. C'est pourquoi nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lui faire oublier, le plus possible, les souffrances qu'il a dues ou devra subir, en vivant à 200% les moments de calme et de retour à la vie "normale". Je trouve cela très difficile mais par amour pour mon bébé, mes enfants et notre couple, j'essaierai de vivre le moment présent. Je puiserai ma force dans le sourire d'Émile et le retour des étincelles dans ses yeux. Toute la famille, nous avons enfin pris une bonne grande respiration, la première depuis jeudi dernier.... Ça fait tellement de bien!!!! Demain, routine hôpital pour un autre petit traitement, semaine 14. Ça continue...

mardi 22 mai 2007

Les amis d'Émile (119)

22/05/2007 Une autre longue journée est passée...mais Émile n'a toujours pas rebondi. Demain est porteur d'espérance puisque la cortisone sera terminée depuis plus de 24 heures. Cette méchante cortisone qui rend mon bébé irritable, perturbe son sommeil réparateur, lui donne envie de manger constamment et lui donne sa grosse face de lune. Alors, demain, Émile doit rebondir sinon c'est moi qui m'enfoncera davantage. Le moral n'est pas très haut. Je m'épuise en même temps que notre champion. Mais je n'ai pas sa capacité de résiliance, sa force, alors il me semble que je m'enfonce toujours un peu plus à chaque gros traitement. Émile est notre soleil, notre chaleur. Lorsqu'il demeure éteint, nous nous désespérons. Demain, je l'espère sera porteur de sourires, de petits bonheurs. Viva le retour du guerrier quoi!!!

lundi 21 mai 2007

Les amis d'Émile (118)

21/05/2007 Voilà. La fin de semaine de la fête de Dollard est terminée et demain, c'est le retour à la normale...Mais ici, pas de vacances, pas de fête, pas de retour à la normale. Demain n'est qu'une journée de plus à vivre dans cette maudite maladie. Émile a vécu difficilement ces dernières journées, stressant et angoissant à chaque malaise ressenti (et dieu sait qu'il en a !!!) sa petite main sur l'oeil, respirant avec effort comme s'il venait de courir une longue distance. Je deviens alors pour lui sa bouée, son phare. Il s'accroche à moi comme s'il avait peur en me lâchant d'être englouti par la maladie. C'est si dur de devoir être forte, d'être le pilier de mon enfant, mon bébé, lorsque je ne voudrais que m'asseoir dans un coin et pleurer toutes les larmes de mon corps. Il me semble qu'avec le temps, je faiblis et que ma colère grandit face à tant d'injustices et de souffrances. Je n'ai plus la patience d'attendre que la semaine passe et que mon petit amour rebondisse enfin. Depuis quelques jours, moi et Charles nous nous questionnons sur l'après-leucémie. Comment vivrons-nous nos souffrances mais surtout, nos joies et bonheurs? Nous avons perdu notre insouciance et avec elle, le sentiment d'éternité. Oui, nous serons heureux de nouveau mais réussirons-nous à l'apprécier sans nous poser la question "pour combien de temps pourrons-nous en profiter"? Il est certain que la vie ne sera jamais plus pareille. Je souhaite profondément qu'Émile gardera peu de souvenirs de cette période car c'est cette espérance qui me donne encore la force de passer au travers. Je ne dois pas lâcher...Je ne le fais que pour lui..